Elle mesure environ soixante-quinze mètres de côté. Elle est entièrement en terre. Et chaque année, la ville la répare en une seule journée.

Un bâtiment de 1907 sur un site du treizième siècle

La Grande Mosquée de Djenné, au Mali, est la plus grande construction en terre crue du monde. Le bâtiment que l’on voit aujourd’hui date de 1907 : il a été relevé par la corporation des maçons de Djenné, le barey-ton. Il occupe l’emplacement d’une mosquée du treizième siècle, élevée sous le roi Koi Kunboro après sa conversion à l’islam. Depuis 1988, l’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le nom de Villes anciennes de Djenné.

Le banco, une terre qui régule

Les murs sont montés en banco : de la terre fermentée mélangée à de la balle de riz, du beurre de karité et de l’eau. La matière amortit les écarts de température entre le jour et la nuit, ce qui rend l’intérieur vivable en plein Sahel. En revanche elle ne supporte pas la saison des pluies sans entretien. D’où la réparation annuelle.

Mug Architecture de terre, façade sahélienne en banco

Les toron ne sont pas un décor

Ces faisceaux de bois de palmier qui sortent des murs par centaines ne sont pas ornementaux : ce sont des échafaudages permanents. Le jour du crépissage, en général un dimanche d’avril, juste avant les pluies, des équipes de jeunes hommes y grimpent pendant que femmes et enfants montent des seaux de banco. Le bâtiment entier est recrépi dans la journée, en musique. Ce n’est pas un chantier de restauration, c’est une fête.

Le mug qui en descend

Architecture de terre garde ce qui fait la silhouette sahélienne : les contreforts verticaux, les pinacles, et les toron qui percent la façade. Réduit à ses lignes, sans pittoresque.

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