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Elle mesure environ soixante-quinze mètres de côté. Elle est entièrement en terre. Et chaque année, la ville la répare en une seule journée.
La Grande Mosquée de Djené : 1907, batie sur 700 ans d’histoire
La Grande Mosquée de Djené est le plus grand bâtiment en terre crue du monde. Elle se dresse au Mali, dans la petite ville de Djené, depuis 1907. C’est une reconstruction : une mosquée se tenait là avant, depuis le 13e siècle.
Ce qui est remarquable, ce n’est pas juste sa taille, ni même sa beauté architecturale (bien qu’elle soit magnifique). C’est sa précarité. C’est un bâtiment qui s’effondre un peu chaque année, et qui est reconstruit chaque année.
La terre crue : l’architecture de l’impermanence
Les murs sont en terre crue : de la terre de la région, mélangée avec de la paille, moulée, puis séchée. C’est solide, mais seulement temporairement. Chaque année, les pluies de mousson rongent les murs. Des fissures apparaissent. Des morceaux tombent.
C’est pourquoi Djené a un rituel : au mois de février, quand les pluies se sont arrêtées, toute la ville se réunit pour réparer la mosquée. Des centaines de gens. Les hommes crépissent les murs avec un mélange de terre et de paille. Les femmes préparent la nourriture. C’est à la fois un travail communautaire et une fête.
La technique de crépissage : un art
Le crépissage n’est pas juste un travail de réparation. C’est un art. Les ouvriers utilisent leur mains pour appliquer le mélange de terre. Ils le lissent, le modelent. Les murs de Djené ont cette surface on due, organique, qui vient du travail manuel.
Le mélange lui-même est précis : terre locale, paille h achée finement, eau. La proportion varie selon la saison, l’humidité, la qualité de la terre. C’est un savoir transmis de génération en génération.
L’architecture sahel ienne : formes et fonctions
Djené a trois minarets pyramidaux distinctifs. Ces minarets ne sont pas juste décoratifs : il ysont entrés par des escaliers en spirale préservés dans la terre. Depuis le sommet, on appelle à la prière.
Les murs extérieurs sont criblés de gouttieres en bois qui dépassent. Ce ne sont pas des décorations : ce sont des échafaudages permanents. Pendant les réparations annuelles, on attache les planches à ces bois, et les ouvriers grimpent pour accéder à toutes les parties de la mosquée.
Symbole d’une impermanence fondamentale
Ce qu’on oublie souvent, c’est que Djené est construit sur une philosophy de l’impermanence. La terra riche du sahel n’est pas de la pierre. C’est un matériau vivant, qui respire, qui se dsagrege, qui se régénère.
Contrairement aux cathédrales européennes construites pour durer des millénaires, Djené accepte son impermanence. C’est un bâtiment qu’il faut nourrir, qu’il faut recommencer chaque année. C’est une forme d’architecture qui reconnaît la relation constante entre l’homme et la terre.
Questions fréquentes
Combien de temps dure la réparation ?
Officiellement une journée, mais c’est une journée très longue, et le travail peut continué plusieurs jours selon l’étendue des dégâts.
Pourquoi ne pas utiliser du ciment ou des matériaux modernes ?
Parce que la terre crue est ce qui a toujours été utilisé. Parce que c’est un matériau local, abondant, et surtout, c’est é la technique qui convient à cette architecture sahel ienne.
La mosquée est-elle toujours utilisée ?
Oui. C’est toujours un lieu de culte actif. Les réparations annuelles assurent que c’est aussi un lieu sûr et stable.















